Arbizon Vue De La ValléeArbizon Vue De La Vallée
©Arbizon Vue De La Vallée

L’arbizon emblème de la vallée d’aure

 

Un Saint-Hilarien m’a dit un jour : « tu n’es pas tout à fait d’ici si tu n’es pas monté au sommet de l’Arbizon ! » J’ai donc décidé de grimper là-haut au plus vite…

En route vers l'Arbizon

L’Arbizon est un sommet caractéristique de la Vallée d’Aure : du haut de ses 2831 mètres, sa situation isolée en bordure du massif en fait un belvédère privilégié sur la chaîne des Pyrénées. Sa longue crête perpendiculaire à la Vallée d’Aure est très reconnaissable l’hiver, lorsque vous skiez sur les pistes de Saint-Lary. Et vous pourrez également l’observer depuis la vallée, en particulier si vous vous rendez dans le petit village de Grailhen, situé sur le versant opposé.

Après 45 minutes et la cabane, que je laisse sur ma gauche, je dois ralentir mes pas : les choses sérieuses commencent ! Le sentier longe un torrent assez calme en cette saison, dans une vallée dégagée et herbeuse. J’y dérange à peine les nombreux moutons. Fanés plus bas dans la vallée, les iris des Pyrénées retardataires m’offrent enfin de magnifiques couleurs sous les premiers rayons de soleil rasants, qui me rejoignent enfin pour cette magnifique journée.

 

Les difficultés arrivent

J’atteins enfin la fontaine de Coulariot, qui jaillit littéralement de la roche. Elle est située à peu près à mi-parcours et c’est l’endroit parfait pour une première pause bienvenue.

Après avoir repris mon souffle, je repars en grimpant deux cheminées successives (les cheminées sont des raidillons situés entre les rochers, où il faut parfois mettre les mains) avant un replat qui offre une jolie vue sur la vallée, mais aussi vers le Pla d’Adet et les granges de Gascouéou.

L’ascension finale commence dans de nombreux lacets permettant de grimper cette pente impressionnante. Je stoppe immédiatement mon avance lorsque j’entends un bruit : ce type de terrain est parfait pour l’observation puisque le moindre mouvement provoque le déplacement de cailloux. Sur la crête à droite, au-dessus de moi, un isard m’a également aperçu et se dirige vers un abri sous une barre rocheuse. Nous nous observons mutuellement quelques instants avant que l’arrivée d’un couple derrière moi ne détourne son regard. Il se couche pour ne laisser apparaître que sa tête, et les observe. Je les attends pour leur indiquer la tanière de notre discret voisin et leur permettre de profiter de cette rencontre.

 

J’atteins enfin la crête à mi-chemin entre le Pic de Montfaucon et l’Arbizon, dont je vois enfin le sommet, caché jusque-là. La lune se couche discrètement à l’ouest derrière le Pic d’Aulon. Juste au-dessus de moi, deux vautours planent d’une vallée à l’autre. A mes pieds, la vertigineuse vallée plonge vers le petit lac d’Arou : magnifique point de vue !

5h30
Pour randonneur expérimenté
Panorama exceptionnel au sommet

Je reprends le sentier qui longe la crête quelques mètres en contrebas, sur les rochers,  et après avoir bifurqué sur ma gauche, j’atteins enfin le sommet. Une disgracieuse antenne relais et ses panneaux solaires en marquent l’extrémité ouest, alors que 5 cairns trônent sur le large dôme (les cairns sont des amoncellements de pierres destinés à baliser les sentiers de randonnée ou à marquer les sommets. Nombreux sont les randonneurs qui apportent leur pierre à ces édifices lorsqu’ils ont la joie de les atteindre…) Le plus grand cairn est impressionnant avec ses 2,5 mètres environ. Mon ascension aura duré environ 3h30.

Après m’être couvert un peu plus chaudement (il ne fait pas froid, mais la transpiration sous le sac à dos impose cette précaution), je commence l’observation. Vers le nord, on aperçoit la plaine, avec au loin un ciel plus nuageux. Bagnères de Bigorre est bien visible et je distingue Tarbes sans problème.

 

 

Au premier plan, le lac d’Arou est entouré de troupeaux, et le lac de Payolle marque le début de la vallée de Campan.

Plus à l’ouest, le Pic du Midi de Bigorre et son observatoire se détachent du massif.

Continuant mon tour, je contemple au loin le Grand Vignemale et son glacier. Ensuite, les majestueux Pics de Néouvielle, Pic Long, Pic de Campbieilh cachent la fameuse Brèche de Roland, mais le massif du Monte Perdido, plus lointain, impose sa masse calcaire, posé sur ses blancs glaciers. Mon regard s’arrête ensuite sur les murailles de Barroude, d’où émergent le Pic de Troumousse et le Pic de la Munia. Le refuge est caché mais j’aperçois l’extrémité du lac.

Et puis, côté est, les nuages qui m’ont devancé ne me permettent pas d’observer clairement le massif, ne laissant apparaître que quelques ombres ondulantes. La Vallée d’Aure se cache également, et seul Arreau est visible en contrebas. Malgré ce petit bémol, le spectacle est grandiose et je m’installe pour déjeuner, les yeux grands ouverts !

Après de longues minutes d’observation, que j’ai mises à profit pour prendre de nombreux clichés et filmer le ballet incessant des nuages, je reprends le sac à dos et commence la descente avec ces merveilleuses images conservées bien précieusement à l’esprit. Plus bas l’isard est toujours bien installé sur sa vigie et me suit du regard  dans la descente. Si l’ascension est difficile physiquement, la descente impressionne, et les éboulis demandent une attention toute particulière.

Une fois ce secteur passé, je jette un nouveau coup d’œil vers le Pla d’Adet, à nouveau visible sous les nuages, et je continue ce trajet jusqu’à la fontaine de Coulariot, où je décide de me désaltérer : l’eau y est très fraîche mais excellente ! Je repars.

Les moutons me regardent rejoindre la vallée, les abeilles butinent les nombreux chardons auprès de la cabane d’Espigous : l’atmosphère en fin de saison est magique sous un soleil radieux et les derniers mètres qui me rapprochent des Granges de Lurgues me rendent déjà nostalgique de ces magnifiques paysages. Je quitte le parking des Granges de Lurgues alors que plusieurs bergers s’y rassemblent avec leurs chiens : les troupeaux vont rejoindre les bergeries…

Et je rejoins Saint-Lary, le torse bombé : j’ai fait l’Arbizon

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